Tête du Rouget : directe 76
Tête du Rouget : voie directe 1976 (Ecrins)
12 octobre 2008
Pour faire taire de suite les mauvaises langues ou les p'tits cons : non ce n'est pas mon année de naissance mais le nom d'une superbe voie en terrain d'av' qui se déroule sur un rocher non
moins superbe et terriblement surprenant pour le massif.
Je n'ai pas besoin de trop motiver Niko et Johann pour aller
faire cette course et on se retrouve à 5h15 du mat' au départ d'Eybens, direction les Étages. Ce matin, c'est un peu dur de se lever, mais çà fait du bien de sortir le soir en fin de semaine, y'a
pas que la montagne dans la vie ! Bon, j'ai quand même pas trop abusé du rhum et lorsqu'on décolle vers 6h45, le jour n'est pas encore là et on monte tranquillement.

la Dibona : çà pique le cul !

le jour se lève sur l'Ailefroide et le Coup de Sabre (photo Niko R.) - la face Sud du Rouget depuis les rappels
du refuge du Soreiller, quelques belles faces Nord où il
faudra aller user ses grosses ou ses piochons

En arrivant au replat, la vue sur la Dibona est un enchantement à lui tout seul : quelle merveille. Petite pause ravito au refuge, et on repart en direction de la brèche à droite du Rouget. Ca devient vite un gros pierrier avec de plus en plus de pierre branlantes et glissantes...
On pose trois rappels laborieux et on est enfin au pied de la voie. Jojo a oublié ses chaussons à Grenoble et ne se sent pas de grimper en tête, du moins au début, mais Niko est chaud alors il fonce. La première longueur est la même que pour "le trésor de Rackam le Rouget", V+ sur spit mais assez foireux.
Niko dans L1, çà grimpe sec et c'est un peu foireux
Commence ensuite le vif du sujet, toujours V+, et très expo pour les dix premiers mètres. Si bien que Niko posera le relais au bout de quinze mètres, trompé par les deux pitons rapprochés. On le rejoint et il enquille la fin de L2, qui commence par un pas un peu retord dans une fissure évasé et légèrement déversante, ah le V+ sur coinceurs... il avait raison JMC : "toi grimpeur de 6b en salle..."


dans L1, tiens y'a pas un peu de mou là ??? ;-) (photos Niko R.)
Viens ensuite la longueur clef, le dièdre en 6a, peu protégeable et plutôt fin. Niko mettra bien une demi-heure, mais passera en libre dans les règles de l'art, se faisant quelques menues frayeurs au passage, mais çà il nous le dira plus tard... Pour nous, le fait d'être en second ne change pas grand chose à la grimpe mais j'ai une pensée pour Niko car le faire en tête sans trop savoir si on va pouvoir se protéger ou alors se retrouver taquet avec en vue un beau vol sur coinceur ou piton pourri, ben çà forge le mental et c'est vraiment pas pareil, bravo.


Niko dans la longueur-clef, 6a tout en finesse
Du coup, un peu éprouvé mentalement par cette heure et demi de grimpe, il me laisse prendre le relais. Le plus dur est passé mais il reste de beaux passages et l'entrée en matière la fleur au fusil bien que peu difficile, s'avère délicate pour moi car protéger sa progression est un exercice peu évident si l'on n'est pas concentré.
Niko me rejoint à R4...
suivi du près par Johann, en grosses "silvouplé"Heureusement, L5 en V+ passera beaucoup mieux et devant le refus de Jojo de prendre la tête et les petons souffrants de Niko, je sortirai le reste des difficultés tout seul, les écoutant jacasser telles des pies... ;-)


au départ de L5, puis à celui de L6 (Photos Niko R..)
Mis à part L8, la voie est plutôt évidente, et le rocher est plus que bon la plupart du temps, pour ne pas dire excellent. On me dis dans l'oreillette que l'on est dans les Ecrins : ah ouiii, bon ok, mais c'est qu'il est excellent ce cailloux !!!


Jojo perplexe ??? c'est pourtant pas son style ; et puis non je fais pas caca ;-) (photos Niko R.)
On rejoint le pied de la face par les rappels de la voie des plaques et on fini en désescalade jusqu'à la brèche des rappels du matin. La nuit arrive vite et on se dépêche pour arriver au plus vite jusqu'au refuge car après, c'est gagné, mais la nuit nous rattrapera un peu avant. Pô grave, on fera une petite pause saucisson-pomme, sans pomme ;-) et on finira la descente d'abord à donf, puis plus sagement après le replat car la journée a été longue et les jambes commencent à tirer.


au sommet avec le soleil, puis plus tard la lune veille sur le Mayer-Dibona (photos Niko R.)
On passera la nuit au centre alpin de la Bérarde, chut ! en espérant se faire une grande voie le lendemain au paravalanche, mais la pluie non annoncée par la météo tombera dans la nuit et nous fournira une bonne excuse pour ne pas grimper.
panoramique du sommetNiko et Jojo n'avaient pas pensé qu'on pouvait faire des courses de la sorte en un jour, ben voilà, c'est fait ! Vous reviendrez avec moi les gars ? ;-) Sinon, on est content car on ne s'est pas trompé une seule fois et à trois, on a fait mieux que tenir l'horaire du Cambon puisqu'on l'a torché en 5h30, voir le compte-rendu C2C.
directe 76 (3418m)
rocher TA
IV/TD/6a
2020m dont 450m pour les difficultés
B0
lors de la descente : luxe, calme
et volupté !Horaires :
les Étages : 6h45
refuge du Soreiller : 9h00
brèche aux rappels : 10h45
pied de la voie : 11h45 (et pause équipement)
sommet : 17h30 (et pause de 25min)
brèche aux rappels : 19h10
refuge du Soreiller : 20h20 (et pause de 10min)
les Étages : 21h45