la colère du ciel pour de vrai

Publié le par manu


La Grave - Les Fréaux : "la colère du ciel" (Ecrins)
23 février 2010



Que c'est dur pour les bras...  3+ mon c*l !



Je croise Matthieu au CAF lors d’une des rares fois que je vais à la permanence depuis six bons mois et il me dit être en vacances et filer dans le Queyras. Ça tombe bien j’en viens, on papote et vu que je suis dispo en début de semaine on se cale un jour pour faire de la cascade.

 

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Matthieu dans la première vraie longueur

 

 

 

On se retrouve bien tôt mardi matin histoire d’être sûr de commencer la voie les premiers, et on sera bien les premiers, et les seuls aussi… On avait décider de se faire un truc pas dur, 3+ max, sans trop d’approche et si possible en Nord car çà a pas mal chauffé ces derniers jours. Les Fréaux semblent tenir la corde. J’ai un petit compte à régler là-bas, même si on hésite un peu avec la voie du pylône, on choisira finalement la classique "Colère du Ciel". La ligne est évidente, belle aussi et la difficulté modérée. Sauf que j’ai oublié mes gants et mon bonnet à la maison, heureusement il me reste les gros gants de pisteur en cuir, c’est déjà çà et on évite le but bonnet en prenant mon tour de cou afin de protéger mes chères zoreilles.

 

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à l'approche de la longueur-clef

 

 

 

L’approche est toujours un peu chiante car bien que courte, une demi-heure, c’est droit dans la pente : pas le temps d’avoir froid. D’ailleurs il ne fait pas froid, tout juste il dégèle ce qui bien en cascade, et puis comme je le disais plus haut, il a fait chaud ces derniers jours et la glace sera donc moins dure : tout s’annonce bien.

 

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la fameuse longueur raide au premier plan puis la suivante, pas mal non plus

 

 

 

On attaque tranquille, on se fait les premiers ressauts en corde tendue, moi je me familiarise avec le substrat car çà fait un bail que j’ai pas pratiqué. Matthieu lance la première vraie longueur, tout bien hormis une ou deux zippettes pour moi dans le raide, et c’est ensuite parti pour un gros brassage dans la fraîche jusqu’à la longueur-clef. On mange, on boit, il y a même un rayon de soleil, tout va bien alors je file. Du bas çà n’a pas l’air si terrible mais le mur est quand même vertical, GO !

 

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et c'est la chute ! çà fait minable vu d'ici, en plus j'ai fait nimp j'ai laissé ma pioche...

 

 

 

Je vais doucement histoire de ne pas me dauber les bras, je broche en étant le plus possible en appui sur les pieds, mais vu qu’on est dans du raide, je les sens pas vraiment et zippe beaucoup. Je m’accroche et arrive au pied de la partie verticale, qui doit faire environ quatre mètres. Mes gants en cuir sont imbibés de flotte, je dois les serrer assez fort pour avoir un ressenti correct. Je me lance, je me daube, je reviens ou j’étais. Je délaye et je repars, idem. Je daube en quelques secondes, çà me saoule.

 

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Matthieu dans la longueur qui suit la plus raide : c'est quasi vertical (la verticalité est donnée par les stalactites...)

 

 

 

A la sortie du mur, il y a une lunule. Je me dis qu’une fois à la lunule c’est gagné alors je me remotive, repars, mais vu que je me crame direct, je tente de brocher histoire de gagner un peu de distance. J’en chie, c’était clairement pas la solution, je change de main vingt fois pour délayer mais rien n’y fait et dans ma précipitation pour ne pas lâcher les pioches je fais tomber la broche. Elle s’est coincée contre mon torse, je tente de la récupérer en mettant un piolet à l’épaule, mais je suis carbo, changement de main, zippette, la broche tombe, Matthieu la récupère avec son pied, le piolet glisse de mon épaule en arrière et l’ergot du manche se coince dans ma bouche : j’ai l’air fin tiens ! Mais en fait ma préoccupation esthétique je m’en contrefiche car je sens que je vais voler, et avec un piolet qui pendouille dans mon dos mais coincé dans ma bouche y’a pas moyen. Je tente de m’en libérer et le déloge avec ma langue : comique n’est-ce pas ? Et dès lors qu’il est tombé au pied du ressaut je plombe. Pas un grand vol car je suis un bon mètre cinquante au dessus de la dernière broche mais j’ai pas le temps d’avoir peur qu’une coulée me passe par dessus la tronche et enseveli mon piochon. Vu que tout s’est passé super vite, j’ai bien pris un peu de neige sur la tête, mais je me rappelle avoir les boules pour mon piolet et surtout, surtout un mal de chien à mes avant-bras. Jamais j’avais eu autant mal.

 

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la colère du ciel, ah bon ?

 

 

 

A partir de là, on se pose des questions avec Matthieu : on continue, ou pas ? Pas tant la difficulté mais les conditions car çà commence à purger de partout et il se remet à neiger. De toutes façons il me faut mon piolet pour continuer donc on le cherche. Je brasse mais la coulée est assez importante et la "zone de recherche" pour le moins étendue. Je descends en zig-zag sur une bonne centaine de mètres mais que dalle. Puis Matthieu m’informe qu’il l’a retrouvé. Je remonte, mes bras se sont un peu reposés dans l’histoire et je décide de retenter le coup. Je repars, mais vu qu’une de mes pioches est restée là haut, Matthieu m’en prête une… J’arrive vite au point où j’étais, récupère ma pioche, redescends un peu, vache le piochon à la corde et l’envoie à Matt, puis je repars et là c’est pareil que tout à l’heure, je me crame très vite, et j’ai un peu peur d’engager car je ne suis vraiment pas sûr de pouvoir mousquetonner la lunule tellement j’ai les bras comme des mongolfières. Je tente deux fois et renonce à chaque fois. Je refile la tête à Matthieu.

 

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faut penser à nettoyer avant de grimper

 

 

 

D’en bas çà n’a pas l’air d’envoyer du steak mais quand on y est, c’est pas la même, comme souvent en cascade. Matt monte tranquille, il passe bien, clippe la lunule, et finalement s’emploi un peu pour le réta. Car le plus dur en cascade, c’est pas la verticalité, mais le rétablissement. Il continue et pose un relais au pied du second gros ressaut. J’y vais, me coltine le débrochage, arrive à la lunule plutôt bien et là j’arrive pas à ancrer mes piolets sur le replat. Je zippe encore souvent des petons, j’ai bientôt plus de bras et n’arrive même plus à tenir mes pioches, mais y’a pas moyen qu’elles tombent cette fois : seeeccc ! Et là, grand moment de solitude car quand je "m’assois" dans le baudard, je redescends : seeeccc !

 

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après çà brasse sévère

 

 

 

En fait y’a pas mal d’élasticité et je redescends d’une bon mètre cinquante. J’arrive même plus à tenir mes pioches alors je les coince dans la lunule et délaye comme je peux. Je patiente un peu et lance toute mes forces dans la bataille du réta, çà passe mais franchement je n’y serais jamais arrivé en tête aujourd’hui avec mes bras en carton pâte. Je sais à quoi çà sert maintenant de grimper en salle dans l’hiver ;-) Mais bon, saloperie de 3+ ! Je suis sûr que dans les même prédispositions je serais meilleur dans un V+ en rocher, qui cote bien plus sévère qu’un 3+ en glace : à n’y rien comprendre.

 

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Matt pas mécontent de sortir

 

 

 

J’arrive au relais, soulagé d’avoir pu passer la portion la plus difficile, mais on est au pied d’un ressaut vraiment pas commode, plus haut et à peine moins soutenu… Matt s’y colle. Il prend son temps, comme çà fait une sorte de dièdre, on peut prendre des repos mais c’est quand même une section à 85° entrecoupée de petits murs verticaux. Il passe et quand c’est à mon tour d’y aller, je délaye un bon coup et serre les dents : FEU !

 

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moi non plus...

 

 

 

Toujours le même souci de l’économie des bras donc à fond sur les pieds et là çà le fait plutôt bien. Je me fais même plaisir et çà aurait pu passer en tête aujourd’hui si je ne m’étais pas mis taquet dans la longueur précédente, rageant. Enfin, c’est bientôt la fin alors on enquille. Il reste un petit mur recouvert de neige poudreuse et je m’y colle. Je galère comme il faut, surtout à nettoyer la glace pour voir où ancrer mes pioches, ainsi que pour brocher mais çà passe. Et mes pieds me posent toujours autant de problèmes…

 

P1070082.jpg voilà entre autre une des causes de mes nombreuses zipettes : un peu rond les pointes...

 

 

Math termine la suivante, un autre mur un peu plus long, quatre-cinq mètres presque verticaux. A partir de là, c’est gros gros brassage dans plus de cinquante de fraîche, parfois plus, entrecoupé de petits ressauts, et la neige qui redouble d’intensité.

 

 

 

On sort la voie sur les coups de 16h, rien que çà et on se méfie de la descente car çà glisse et çà purge. On doit même emprunter un couloir complètement ravagé par les coulées : ambiance ! Moins d’une heure plus tard on retrouve la voiture, trempés comme pas permis. Ayant retiré mes gants et mes crabes je comprends aussi pourquoi j’ai tant galéré : les gants imbibés pèsent un "âne mort" et mes pointes avant sont rondes… à aiguiser au plus vite !

 

 

 

La route est blanche alors je serre les fesses une dernière fois le temps d’arriver au Freney car sans les pneus neige çà le fait carrément moins, puis la neige laisse place à la pluie, c’est plus tranquille et on arrive à Grenoble avant 19h. Math file rejoindre un pote car ils vont dans le Queyras le soir même, et moi je rejoins Nawale, Oli et Bastien au Flam’s histoire de me faire une ventrée de tartes flambées car j’ai les crocs. Je rentre me préparer et je ne résisterai pourtant pas à goûter les ravioles avant de filer au resto, pô grave, j’ai de la place ^^.

 



Reste que je suis plutôt satisfait de cette journée car on est partis tôt et bien nous en a pris. J’ai repris des sensations en "toucher de glace" et ce sera bien meilleur avec du matos affûté. Par contre la cotation est vraiment abusée. Peut être le fait que la cascade soit plus sèche qu’à l’accoutumée et donc plus verticale. Pour Math, qui a fait du 3+ la veille à la Grande Valloire, y’a pas photo, les deux passages raides sont plus dans le 4 que dans le 3+. Et les avis récent sur c2c attestent de la verticalité du bouzin. Faudra revenir…




"la colère du ciel" (2000m)
I/AD+/3+
280m
B0
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Publié dans Cascade

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