Sainte Victoire : face Sud et traversée
Sainte Victoire : face Sud par le Garagaï, et traversée jusqu'au Pic des Mouches (Préalpes de Provence)
7 juin 2010
une bonne pétée, surtout en mode touriste : basket-short-marcel-pas-de-flotte-plein-cagnard... pis c'est qu'c'est long c'te trav !
la Sainte Victoire depuis les abords du Tholonet
C’est l’histoire d’un gars, originaire du Sud, mais qui n’avait jamais fait de montagne dans le coin. Alors bien sûr il a profité d’un concours de circonstance pour rectifier cette anomalie, mais d’une drôle de façon… Ô, ce n’est pas faute de connaître les rigueurs du climat méditerranéen, mais le p’tit gars, habitué à parcourir des bons gros déniv’ dans des coins plus reculés des Alpes, ne s’est pas inquiété outre mesure de ce que le mot cagnart veut dire ici. Un pays où les arbres galèrent pour grandir, et où même l’herbe lutte pour sa survie durant les longs mois estivaux. Ben le p’tit gars il part comme çà, à plus de trois heure de l’aprem, avec ses p’tites Nike Air de ville, son p’tit short déchiré histoire de faire plus vrai, et le débardeur rouge, comme çà il sera visible, sait-on jamais…
Ah oui, il n’oublie par contre pas l’APN car c’est pas tous les jours qu’il vient dans le coin, mais étonnamment, il néglige volontairement d’emporter sa gourde d’eau. Ben voui, en bon montagnard qu’il est, il n’a pas pris de sac et trimballer une bouteille à la main, en plus de l’APN, çà va très certainement le retarder dans cette petite grimpette de rien du tout : 700m tout au plus, pas même un Chamechaude, z’avez qu’à voir. Alors pour corser un peu le truc, parce qu’il est quand même là pour passer un bout d’aprem, il va filer vers le Pic des Mouches, le culmen du massif – mouarf ils appellent çà un massif ce pauvre bout de caillou isolé – soit, du massif de la Sainte Victoire. Avec un nom pareil, comment ne pas se dire que dans le Sud ils ont les chevilles qui enflent bien vite ???
Alors le gars va se renseigner à la maison dédiée au mass… au bout de caillou ^^. et il apprend qu’il y a un sentier qui grimpe dans la face Sud, un peu technique et où l’on peut mettre les mains, tout bien quoi. La nana lui vend ce sentier pour deux heures, deux heures et demie. Le jeune homme sourit mais n’en dit pas plus, et demande des infos sur la traversée vers le Pic des Mouches. Vu l’heure la nana s’étonne, le renseigne et lui donne les horaires du bus qui permet de revenir. « Euh, merci çà ira », et il file. Un ange passe, la nana est circonspecte vu qu’il est déjà 15h40, mais le p’tit gars est déjà parti : çà sent le touriste !
Bon en fait, le sentier est joli, bien balisé, et efficace. Il parcourt la face Sud par une traversée ascendante jusqu’à la Croix de Provence via une arche naturelle, le Garagaï. Pour plus de détails, il y a ce site qui est très bien foutu. Trois-quarts d’heure plus tard, un peu assoiffé tout de même, le jeune homme se dresse sur le socle de la Croix de Provence, et la vue le satisfait, sauf au Nord car l’humidité de l’air lui masque les hautes cimes des Ecrins, dommage.
Un p’tit coup de flotte auprès d’un couple de passage et c’est parti pour la traversée vers le Pic des Mouches. Pour corser l’affaire, le bonhomme suit méticuleusement l’arête et ne s’enquiert pas du chemin en contrebas : la vue est moins belle… Au bout d’un quart d’heure il croise un type habillé tel un triathlète, collant-pipette quoi, et il lui demande si le fameux Pic est loin. Le gars lui répond une bonne heure et demi, et encore en y allant fort, mais sans trop lever la tête, puis devant son étonnement il daigne le regarder, ou plutôt il le toise et lui confirme ses dires, ou plutôt lui dit assez sèchement : « bien sûr que je suis certain de ce que je dis puisque j’en viens, compte deux heures ! » Comme si l’allure du jeune homme et son équipement ajoutaient soudainement une inflation à l’horaire, le pauvre type ! Le jeune padawan sera sur ledit Pic une heure plus tard, les pieds certes un peu en compote, le corps légèrement déshydraté et la même envie de boire qu’un dromadaire ayant traversé le Ténéré.
Il reste la descente, et chose assez étrange, le jeune homme va mettre plus de temps pour descendre du caillou qu’il n’en a mis pour le gravir. Faut dire que cette descente est pour le moins chaloupée, entrecoupée de remontée et de traversée délicates qui lui font se rappeler que des baskets de ville c’est vraiment fait pour rester en ville.
Une heure plus tard il est sur la route, à deux pas de Puyloubier – quand même – et rentre d’un pas un peu moins rapide et aérien qu’il y a deux heures, mais le chemin est direct et peu traumatisant pour ses orteils endoloris. Au passage il croise trois cyclistes et en profite pour leur demander si le parking de son départ est encore loin. On lui répond deux kilomètres, ils lui offrent gentiment un peu d’eau et la conversation se poursuit :
- Tu t’es perdu et t’as loupé le chemin de descente ?
- Non, c’était prévu mais j’ai pas pensé à prendre une gourde…
- T’es un warrior toi ???
- Non non, juste un trou du cul !
et çà les fait marrer. Il les remercie, arrivera au parking à 19h10 limite hagard et il avalera un bon litre de flotte cul-sec : quel touriste !!!
face Sud par le Garagaï (945m)
rando alpine
R4/R5
600m environ
B0
traversée vers le Pic des Mouches (1011m)
rando alpine
R3 voire plus en passant par le fil
au moins 5km
B0