Traversée des Ailefroide

Publié le par manu


Ailefroide Centrale : traversée depuis l'Orientale (Ecrins)
8 et 9 août 2008


Après une bonne journée de repos, on repart avec Charles, direction l'Ailefroide. Le but est avant tout de repérer la descente depuis l'Ailefroide Centrale, point d'arrivée de l'arête de Coste Rouge, que nous prévoyons pour lundi et mardi. On file du camping en début d'après midi, et le chemin du Sélé nous paraît moins long que lors de la montée au Pelvoux : il fait bien moins chaud et les nuages apportent un peu d'air frais. Le passage de l'Ouro est très sympa et on en profite pour manger un bout au refuge et aussi pour faire une micro-sieste.
 

Ailefroide Orientale, Coup de Sabre, Pic Sans Nom, Sialouze... que de noms enchanteurs...
 
 

le vallon du Sélé depuis le glacier du Coup de Sabre
 
 
On repart en milieu d'après midi direction les vires de l'Orientale. On passe tout près du Coup de Sabre et de Sialouze et la remontée des vires est très ludique. On posera le bivouac sous l'Orientale, vers 3550m, en prenant soin de bien retaper l'emplacement.
 
















et un bivouac tout neuf, un !   en plus la vue n'est pas dégueu...
 
 
On aurait bien voulu aller au sommet pour le coucher du soleil mais voilà, les nuages sont apparus, bouchant les sommets alentours : dommage.
 

Charles contemplatif des derniers rayons du soleil sur Celse Nière et le Sélé
 
 

quelques minutes plus tard, coucher de soleil sur le vallon du Sélé


On s'installe, se restaure, et on se couche, dans des duvets cette fois-ci. Je me réveille vers minuit et il fait grand beau, le ciel est magnifique, inondé d'étoiles. Le givre est également présent entre le sursac et le duvet, il fait -5°C, heureusement qu'on les a ces duvets ;-) On dormira comme des bébés ou presque et au lever on apercevra les frontales des premières cordées au sortir des vires. On mettra pas moins d'1h20 pour partir, en troisième position... Mais on s'en fout un peu. On arrivera un peu avant la deuxième cordée au sommet de l'Orientale, juste à temps pour le lever du soleil, superbe.
 

Celse Nière, Boeufs Rouges, Sélé, Sirac, les Bans...
 
 
















l'Occidentale joue avec les cirrus, puis la crête joue les coquettes avec le soleil
 
 
qu'ils semblent petit les Agneaux devant le Mont Blanc et les 4000 suisses et italiens...


la face Sud des Ecrins et le magnifique pilier éponyme : une course qui me tente beaucoup, patience...
 
 
A partir de là une autre course démarre. La descente jusqu'au grand gendarme noir passe bien mais le gendarme nous surprend.
 




Mais c'est par où, pas sur le fil quand même, çà doit être du 4b et là çà n'a pas l'air d'en être ! Et puis il y a des traces qui partent vers la gauche en contrebas, au pied d'un couloir.


Pour ma part je suis persuadé qu'il faut passer vers le fil car je me souviens du topo du Glénat et de la photo de celui-ci. Finalement la cordée nous rattrappe et passe direct par le fil. Il s'agit d'un guide et de son client donc pas de doute. Charles enquille et je le rejoins après m'être un peu "meulé" sur l'arête neigeuse au pied. Du coup je le sens passer le 4b en grosses, pas simple.










Charles au pied du Grand Gendarme Noir












On déroule ensuite sur l'arête en corde tendue et les désescalades ne sont pas toujours évidentes, par contre que ce "trottoir" est beau et aérien, et déjà l'arête de Coste Rouge se dessine. La première cordée file quant à elle vers l'Occidentale.
 













         
 


          à l'attaque de la variante menant à la Fourastier, vue sur l'Orientale

 






depuis le sommet du Grand Gendarme Noir, la Fourastier
 


 






       Charles s'amuse dans le passage des vires, attention c'est scabreux
 
 












de la Fourastier, vue sur l'Orientale




                                                                                     le glacier Suspendu et le glacier Noir




On arrive au pied de la Fourastier et on enquille par le versant Nord (à droite). Depuis la brèche ensoleillée, c'est moi qui m'y colle. La longueur est redressée, à l'ombre, avec de la neige qui recouvre les prises, parfois un peu de glace, bref ambiance face Nord. Je ne peux pas toujours me protéger et ce n'est clairement pas du III ni même du IV : une variante ? Toujours est-il que le guide est passé par là et qu'on passera aussi. Au sommet de la deuxième longueur, on retrouve le soleil. La suite est franchement scabreuse, avec des gendarmes branlants et une vire qui me laissera quelques souvenirs émotionnels forts. Heureusement, une fois cette vire passée on peut tracer et on rejoint assez rapidement le sommet du couloir de descente de la Centrale, au même moment le guide et son client redescendent. Le guide nous demande de prendre notre temps car ils n'ont pas envie de se faire parpiner. Ca tombe bien il fait très beau, y'a pas de vent et on a faim. En moins de cinq minutes on est à la Centrale : 4h depuis l'Orientale. 
 

de la Centrale, vue sur le Pelvoux et les Ecrins
 
 
de la Centrale, vue sur l'Occidentale et les Rouies
 
 

la gigantesque face Nord de l'Ailefroide, faut pencher la tête pour se rendre compte du bouzin...
 
 
On repère l'arrivée probable du Coste Rouge et on en profite pour s'installer sur une belle vire confortable versant Sud. On mange et on se fait, luxe extrême après s'être bien enduit de crème, une micro-sieste à plus de 3900 ! 
 
















repos du guerrier et arête de Coste Rouge
 
 
On repartira au bout d'une bonne heure vingt. Le temps d'arriver au couloir de descente, la cordée aura 1h30 d'avance, nickel. La descente est très scabreuse, les pierressont ecahssées dans de la terre meuble et il est impossible de ne pas faire partir des pavasses, même en faisant extrêmement attention, je comprend mieux l'inquiétude du guidos... Ensuite on a droit à de la neige puis de la glace, parsemées deci-delà de rocher pourri : la pire descente de ma vie ! On arrive au rappel du bas soulagés et en 1h20 on rejoint le glacier. Charles trouvera même une corde de 50m coincée sur un relais 10m au dessus du glacier. La suite est pas mieux, avec la redescente d'une pente à 45° plein Sud à 14h, puis une belle remontée jusqu'au bivouac.
 

et oui, c'était long...
 
 
On récupère les affaires et on enquille vers le refuge. On mettra 1h30. Au passage on croisera, sans les reconnaitre, Nawale et Olivier en train de flaner au bord du glacier du Coup de Sabre devant un super lieu de bivouac. On arrive au refuge du Sélé vers 17h et on croise là-bas Clara et Baptiste, qui reviennent de l'arête des Boeufs Rouges. Ils doivent encore remonter au refuge du Pelvoux, c'est vraiment pas gagné ! On repartira peu avant 18h en leur compagnie, puis on les laissera remonter vers le Pelvoux tandis qu'on filera vers le camping, avec une partie de leur déchets, on est pas sympa ? On arrivera au camping pour l'apéro, non sans avoir croisé plein de chamois sur le chemin. Et dire qu'il va falloir refaire cette descente mardi après s'être tapé un bivouac et 750m d'arête avec le couchage sur le dos...
à suivre


traversée des Ailefroide (3927m)
mixte
IV/AD (4b max)
2500m dont 140m pour les difficultés
B0


En bonus une petite vidéo qui outre les commentaires un peu exagérés (c'est pas du TD et çà se déroule pas en Rhône Alpes...) complète bien les photos ci-dessus. Belle qualité d'image.

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Publié dans Alpinisme

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N
Normal on connait pas vos tetes :-)
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