Dent Blanche : arête Sud

Publié le par manu


Dent Blanche : arête Sud (Valais W - Alpes Pennines W)
3 septembre 2008



Lorsque j'ai contacté Lucas pour aller faire notre première course d'alpi, j'ai aussi contacté Laurent, un français exilé en Suisse et qui recherchais des compagnons pour ses projets dans le Valais. Ayant une furieuse envie de changer d'air j'avais donc répondu puis nous avons convenu de nous faire une sortie en septembre. On a pas mal de points communs avec Laurent et en particulier la pente raide, çà tombe bien y'a de quoi faire en Suisse !
Après pas mal de tergiversations quant à la destination de mon périple en Suisse, nous convenons avec Laurent que je prenne tout mon matos et on verra sur place ce que l'on fera. Je me lève assez tôt mardi matin et je file à Montreux via les gorges de l'Arly et Chamonix : pas le meilleur plan, loin de là. J'arriverai à Montreux vers 10h15 sachant que je suis parti à 6h45...
 
la Dent Blanche depuis Bricola : le refuge est sur le bout de caillou au centre à droite des deux "bosses" de neige en descendant du sommet, j'ai hâte d'arriver... 
 
 
Nous faisons connaissance et nous décidons de filer vers la Dent Blanche. En effet, un ami de Laurent voulait aller équiper une voie dans les Dents du Midi, mais aussi aller faire une grande voie dans l'Oberland Bernois, bref une vraie girouette ;-)
 
Lô dans les dalles lisses
 
 
On décolle en direction de Sion puis la vallée d'Evolène jusqu'au terminus de Ferpècle, vers 1800m. Là commence la longue remontée vers le refuge de la Dent Blanche, il est 13h45. Elle ressemble beaucoup à celle du refuge de l'Aigle, une bonne bambée quoi ! Les cinq cents premiers mètres jusqu'à Bricola sont avalés en un peu plus d'une heure, mais le rythme ralentira car ensuite il y a pas mal de projection et le terrain devient montagne, comprendre qu'il n'y a plus de sentier mais des cairns qui marquent le cheminement à travers cailloux, moraines, dalles, éboulis, névés, rocailles puis glacier pour finir.
 
çà c'est pour rassurer la famille... mais non on s'met pas dans des états lamentables en alpi !
 
 
On arrivera vers 19h30 au refuge, en même temps qu'une cordée venant de faire la Dent Blanche par l'arête de Ferpècle, et un peu avant une autre venant de l'arête des Quatre Ânes et que j'avais déjà croisé au refuge du Chatelleret au début de l'été : le monde est petit !
 
Laurent au sommet de la dernière arête rocheuse peu avant le refuge sur fond de Tsa
 
 
Laurent rencontre un pote québéquois avec qui il faisait de l'alpi auparavant. Il est avec son frère. On mangera ensemble puis on ira se coucher. Le lever est prévu pour 5h30, je trouve çà tard mais le refuge étant à 3507m, l'approche est résuite à sa plus simple expression et le cheminement commence par une arête rocheuse où il est préférable d'avoir de la visibilité.
Quatre cordées s'engageront dans la voie normale : les québéquois, un guide avec deux clients germanophones, et une cordée de trois anciens franco-suisses. On part en troisième. La remontée de la première arête rocheuse est vite avalée, puis vient le premier bombé neigeux et de nouveau une arête rocheuse jusqu'à la Wandflueluecke, sympa le nom : pour être sûr de ne pas me tromper j'ai fais un copier-collé ;-)
 
sur la Wandflueluecke, la Dent Blanche fume, c'est pas gagné !
 
 
A partir de là on rejoint l'arête proprement dite, du coup on peut virer les crabes. La cordée franco-suisse nous rejoint mais a perdu un membre : il a oublié ses crampons au refuge et vu qu'il est déjà venu et que le temps est merdique, il va attendre sagement ses potes au chaud. Effectivement, je m'attendais a un lever de soleil de malade éclairant toutes les cimes du Valais, mais non, au lieu de cela on a juste droit à voir la crête de la Dent Blanche jouer avec les nuages et basta. Remarquez, on aurait aussi pu ne rien voir du tout...
 
















sur l'arête faut tricoter avec les gendarmes et le temps n'est pas dégueu tout le temps
 
 
Vu le temps, la sympathique cordée francophone décide de renoncer, après nous avoir payé un thé chaud, mais nous disent que pour nous çà devrait le faire, donc on file. Peu après, dans le contournement du Grand Gendarme, la cordée du guide renonce à son tour : il commence à tomber du grésil... On se tâte mais on décide de continuer encore un peu pour voir, et là le temps s'améliore un peu. Pas notre progression, et après que Laurent eu zippé deux-trois fois, on se concerte sur la suite à donner : de toute façon on ne voit rien et la pluie est annoncée en milieu d'après-midi. Mais c'est surtout l'état de fraîcheur de Laurent qui me pose le plus gros souci et on convient de ne pas continuer plus loin, à mon avis la décision est sage. La redescente est enclenchée et mettra quasi le même temps que la montée jusqu'au refuge. Les québéquois nous rejoindront après le Grand Gendarme et je me consolerai en trouvant un piolet sur le chemin du retour, à deux encablures de l'arête faîtière.
 
la dernière bosse neigeuse avant le retour au refuge
 
 
La descente depuis le refuge est vraiment longue et le passage des dalles lisses avec un début de pluie ne nous facilitera pas la tâche. On arrivera à la voiture avec la pluie mais bien heureux de ne pas avoir continué plus loin sur l'arête car le temps est clairement mauvais depuis vingt minutes.

On ira se boire un pot aux Haudières, dans un troquet au doux nom de "la Cordée", tiens çà me dit quelque chose... et on regagnera Montreux sous des trombes d'eau. Un petit McDo réparateur et je repartirai à Grenoble via Evian et Annecy cette fois-ci, mais toujours sous la pluie. Quelle journée !



arête Sud (4357m)
mixte
III/AD (IV max)
2530m dont 800m pour les difficultés
B2m
 

on a quand même eu du cul...
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Publié dans Alpinisme

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