Rochers de l'Homme : "caresse de rouge"

Publié le par manu


Rochers de l'Homme : "caresse de rouge" (Belledonne)
21 septembre 2008


Marre des "plans flotte", je décide d'aller faire un tour dans le Mont Blanc dimanche et lundi afin de rendre visite aux Grandes Jo' : quitte à se les peler, autant le faire en alpi. Mais personne de dispo lundi... jusqu'à ce coup de fil de Cyril qui me propose d'aller grimper dimanche. Vu que c'est mort pour les Jorasses et que je n'ai encore jamais grimpé avec Cyril, feu ! Il me propose d'aller du côté de Presles ou des Rochers de l'Homme. Son choix se porte finalement sur "caresse de rouge" au pilier des Rivières Pourpres. J'ai vu quelques photos sur un blog et l'ambiance a l'air énorme, par contre je redoute un peu les cotations du coin, heureusement le topo Cambon indique 6a obligatoire... Johann, qui devait aller grimper du côté de Presles avec Rémi se retrouve seul et se joint à nous, départ demain 8h de Gières.
 
du sommet de la Bite de l'Homme, ambiance des grands jours
 
 
Le soir je retrouve en ville Flamby, Laure et les rollerwomen de choc Nelly et Claire qui m'ont accompagné la veille à la rando du vendredi soir. Ca fait du bien de sortir un peu, histoire de décompresser, mais la Tripel Karmeliet n'enlève pas totalement l'appréhension du lendemain, et quand je me couche je me dis que je vais en chier...
 

 
















Johann au départ de L9 et myself dans la dalle rouge de L10




On arrive à Chamrousse vers 9h et on se met en marche vers la voie. C'est un peu tendu comme approche, surtout que c'est hyper paumatoire, on arrivera au niveau des rappels de la Bite de l'Homme vers 10h. Une cordée est devant nous que Cyril rejoint au pied du premier rappel. On attend une dizaine de minutes, la corde est toujours tendue : la cordée d'avant doit merder. Puis on voit Cyril qui remonte sur la corde : les gars d'en bas lui ont dit que çà ne passait pas pour rejoindre notre voie. Sauf que d'autres gars arrivés entre-temps nous assurent du contraire mais n'insistent pas, heureux de gagner du temps à nous laisser partir ailleurs ? Mystère... On remontera au sommet de la Bite, puis on descendra les rappels dans la voie, et là ambiance garantie. Les rappels s'enchaînent plutôt bien, mais au quatrième, Cyril ne part pas directement dans le dièdre, du coup il se retrouve pendu dans le vide sous un toit, et je peux vous dire qu'il y en a pas mal à cet endroit, au niveau du relais mais sans pouvoir l'atteindre. Il s'en sortira avec un bon coup d'adré et une bonne dose d'énergie pour remonter sur la corde avec deux machards glissants décidément trop. On rejoindra le relais vers 13h30... En fait çà passait très bien par les premiers rappels d'ailleurs les autres ont commencé les "rivières pourpres" vers 12h30... du calme Cyril, du calme.
 
Cyril dans L9 : y'a rien là ? si, un peu beaucoup de gaz...
 
 Cyril en termine avec L9, le soleil nous lâchera peu après
 
 
Ca sent la journée loose, et comme on n'est pas en avance, on attaque la voie à ce niveau, c'est à dire à R6. Il nous reste encore 250m et 10 longueurs. On avait à la base prévu de commencer à R4 car avant c'est du III, du coup on a shunté L5 et L6, qui cotent 6a et V+, l'échauffement quoi ! Et là je vais le sentir passer, car ça attaque raidos avec un vieux 6a+ des familles, en traversée. En fait, la voie est une succession de traversées ascendantes... Vu que je manque de conti, le schéma sera toujours le même ou presque dans les premières longueurs : je passe laborieusement en me cramant et je fini à l'arrache en tirant un peu, parfois beaucoup, au clou. Faut dire que j'en chie déjà dans le 6b en couenne, et là le programme c'est : 6a+, 6b, 6b, 6a+, 6b+, A0 bien bourrin, 6b+ 6c, V+ biscuit, 6b+ et 6a, rien que çà et avec le sac à dos ! En plus on ne voit pas bien la différence entre 6a+ et 6b...
 


















pas d'erreur çà grimpe : Johann au départ de L11 et à la sortie de L13




A partir du A0, je commencerais à en avoir un peu marre d'en chier comme çà et nerveusement je lâcherai un peu, du coup tu as de plus en plus mal aux pieds, les prises de mains t'échappent, le gaz est omniprésent, tout çà te vide. Je finirais à l'arrache, mettant un point d'honneur à ne pas tirer au clou dans le 6a de sortie, bravo à Cyril et Johann qui ont tout enchaînés, ou presque ;-)



















même endroit, même technique, ou presque...




On est sortis de la voie vers 19h30, soit les 10 longueurs en 6h, un temps très honorable à trois avec un boulet comme moi... Une dernière frayeur à la descente, mais chut je n'en dirais pas plus, et on finira notre journée loose vers 21h sur le parking de l'Arselle.

Mais au fait, oui c'est bien çà : enfin une journée où je ne bute pas avec Johann !
 
on n'a pas buté mais c'était moins une...
 
 
Je déconseille cette voie à tout ceux qui ne sont pas à l'aise dans le 6b car contrairement au topo Cambon, on est plutôt dans du 6a+ obligé et pas du 6a, de plus il y a des voies ED- qui sont bien plus aisée car ici il n'y a pas une ou deux longueurs dures, mais quasi-toutes, du coup une voie dans le V+/6a avec une longueur de 6c/7a sera bien plus facile bien que cotée plus hard, itou pour une autre TD+ avec une seule longueur dure. Par contre, l'ambiance est phénoménale : on se croirait au Vénézuela, et le gaz omniprésent. J'ai bien senti qu'il me manquait un petit quelque chose de technique et de conti pour pleinemùent apprécier cette voie. Ceux qui cherchent une voie homogène dans le 6b/c, avec un cailloux plutôt bon et une grande ambiance seront servis, sans doute une voie majeure du coin.



"caresse de rouge" (1700m)
voie (très bien) équipée - secteur Rivières Pourpres
II/TD+/6c/6a+
360m du bas, 250m depuis R6, retraite très délicate après R11
B0
 
la Bite de l'Homme et les Rochers du même nom, et oui on s'est un peu fourvoyé dans l'approche
 

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Publié dans Escalade

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