Queyras, ta race !
Raid en Queyras sur 5j
20-24 juin 2011
en descendant sur l'alpage de Furfande, un beau résumé du Queyras
Ce raid là, j'ai tout fait pour le faire. Rappel des faits : le 22 mai, soit la veille du premier raid de 5j dit "autonomie", je me fais une entorse de la cheville lors d'une réco VTT. La déception est immense, surtout que je commence à retrouver le caisson. Devant ce coup d'arrêt, la perspective du raid de 5j dit "expert" me semble quelque peu compromise, surtout lorsqu'on m'annonce que j'ai une fracture et qu'on me platre : grand moment de solitude. Finalement, n'ayant aucune douleur et des doutes sur la radiographie, je passe un scanner qui ne révèle rien. On m'enlève le platre, on me strappe, je peux marcher en boitillant : le moral remonte. Les progrès sont rapides et je me fixe naturellement pour objectif la participation au raid expert.
J1 - la team au départ : marie-laure, mika, cyril, jonat', p'tit vince, claudine, vinz, sylvain et moi
J1 - arrivée au col de Ayes, on entre en Queyras
J1 - en direction de Clapeyto
La semaine précédente, je fais une sortie terrain avec mes grolles d'alpi et çà me rassure vraiment, mais je chope une angine en fin de semaine, la poisse. Médecin, antibios, et même pas peur. Bon autant le dire tout de suite, je crois pas que ce fut une bonne idée car combattre une maladie pompe pas mal de force, de celles qui manqueront pour porter le sac à dos et pour marcher, sans compter que l'irritation de la gorge avec la respiration et les changement de climat, tout çà tout çà... bref, je savais que j'aller en chier mais je voulais le faire.
Une petite mise en jambes dimanche à la Dent d'Oche avec Betty et je rentre sur Gre dans la nuit, petite nuit, lever tôt, finalisage du sac et rdv avec les potes à Seyssins pour le grand départ, un peu fatigué mais heu-reux.
J1 - les cols du Néal et du Lauzon en vue
J1 - le lac du Lauzon, au fond Rochebrune
J1 - la traversée vers le col de Combe Lavoye, entre les Pic du Jaillon et de Clapouse
D'entrée de jeu, deux belles erreurs. Les grolles d'alpi çà va bien un moment, mais avec un gros sac sur le dos, ben çà chauffe vraiment les pieds, et quand on rajoute un bon gros rythme et du hors sentier, ben les ampoules vont arriver à vitesse grand V. Alors il faut compenser... De plus, les antibios, non seulement çà te mets les batteries à plat, mais il ne faut surtout pas s'exposer au soleil. Je sais, çà fait un peu calimero mais je commence à les accumuler. Surtout que n'ayant pas fait le précédent raid, je n'ai pas pu jauger idéalement mon package bouffe, et là où les potes ont entre 1.5 et 2.5kg, moi j'en ai 4.5 ! Au moins j'aurais de quoi me faire plaisir... le soir, parce qu'en début de raid il faut se les porter. D'un autre côté je m'allègerai de jour en jour sans forcément être en hypo... compromis compromis.
J1 - la remontée au col de Furfande
J1 - l'alpage de Furfande, magique
J1 - "mayeself" en train de bloquer au crépuscule
L'arrivée au refuge de Furfande est laborieuse, j'ai les pieds en feu et crains vraiment de choper des ampoules qui vont me pourrir le raid, mais le lieu est magnifique alors après l'apéro et la pose du bivouac, le repas plus que copieux me redonne pas mal d'espoir. Sans parler du magnifique coucher de soleil sur la Font Sancte et le joli bloc sur lequel ont s'amusera tous comme des gamins.
La nuit se chargera de me remettre à ma place : je suis bel et bien malade. Frissons, transpiration, petite nuit... mais pas pire non plus, heureusement j'ai mes pastilles pour la gorge.
J2 - départ vers le col de la Lauze
J2 - Vinz vers le Châtelard
J2 - Bramousse, en face la crête du Croseras qui domine Furfande
Le lendemain commence par une belle descente de quasi 1200m de déniv, coupée en deux pour la pause petit déj, puis par une remontée de près de 1900m, sympa non ? Ben j'ai pris cher au niveau des petons dans la descente, le sac a beau avoir perdu un kilo, le frottement y est encore bien intense, alors les cuisses compensent à mort. Cette journée est pour autant magnifique, sans doute la plus belle du raid, avec la montée au col de Bramousse dans des paysages buccoliques, et la très esthétique crête de l'observatoire menant jusqu'au col Fromage, un délice. Reste les 500m du Rasis dré dans l'pentu et chacun pour sa pomme. Une bonne pétée quoi, eh bien la forme est en train de revenir et çà me rassure, mais j'ai bien craché mes poumons. La même dans 2j sans les antibios et avec 1.5kg de moins dans le sac et je pense être en mesure de suivre Sylvain et Vinz.
J2 - la superbe montée au col de Bramousse
J2 - arrivée au col de Bramousse, vue sur la Font Sancte
J2 - en route pour la crête des Chambrettes
Au sommet du Rasis la vue est superbe, pas un nuage sur le Queyras, mais les Ecrins chargent bien. L'arête qui descend du sommet est très esthétique aussi. Les nuages arriveront d'un coup mais nous laisseront un peu de répit pour féter la fête de la musique de manière très improvisée avec tout ce qui nous tombera sous le coude, bassine, sifflet, gourde, couvercle... beau moment, surtout que la cabane du clot Henri est au top, et y'a même un cubis de vin !!
J2 - l'ancien Poste Optique, au loin la Font Sancte
J2 - descente sur le col Fromage, surplombé par la Pointe de Rasis
J2 - une autre vue du Poste Optique, bien effilée cette arête des Chambrettes
Le lendemain, changement de décor, il pleut et c'est prévu quasi toute la journée, alors on file sur Molines en Queyras et au lieu de monter à la Guardiole pour rejoindre Abriès par le Pas du Chai et le col du Lauzon, on contourne par Gaudissart et Prats Hauts. On est trempés lorsqu'on arrive à Abriès et on parle même de ne pas monter aux Bertins pour rejoindre un gite à Aiguilles, car le lendemain est annoncé aussi mauvais. Mais en fait le soleil va revenir, on va sécher et même bronzer un peu, et le moral revenant on monte aux Bertins après avoir fait des courses. Bon moi je me contenterai d'une tomate fraiche car j'ai tout ce qu'il faut ^^.
J2 - au sommet du Rasis, tout baigne
J2 - la crête du Rasis, on devine Saint Véran à droite et le Viso
J2 - sur la crête du Rasis
Montée aux Bertins au soleil, superbe sentier et cabane pas si mal mais qui souffre de la comparaison avec celle de la veille. Elle est aussi trop petite pour 9 alors on posera la tente avec le Vinz et la nuit sera pas si mal, mais toujours ce fameux réveil la gorge en feu et quinte de toux quasi impossible à arrêter sans pastille vers 3h du mat', sans parler de l'humidité dans le duvet, transpiration quand tu nous tiens... Je crois même que j'ai dû transpirer plus la nuit que le jour pendant ce raid, enfin pas tout à fait, mais ce fut bien plus génant la nuit !!
J2 - Saint Véran, Viso, Tête des Toillies, Font Sancte...
J2 - la cabane du Clot Henri
Le lendemain surprise, le mauvais n'est toujours pas arrivé, alors petit déj rapido et départ pour le Malrif. Sylvain hésitait pas mal sur les possibilités en cas d'orages mais là le créneau y est alors on fonce et on passera bien par le Malrif et le Péas. La montée est vite avalée et pendant quelques minutes je me prends à rêver d'aller au sommet du Grand Glaiza, mais il se bâche fissa et on prend la flotte au lac. Montée rapide au col et puis là il fait presque beau, alors on fonce, un peu trop peut-être... une douleur me prend à la cuisse sur le replat menant aux Fonts de Cervières. Je calme le jeu, essaye de comprendre et évite de forcer dessus mais c'est impossible, la douleur augmente en même temps que la surface concernée. Cela ressemble beaucoup à une élongation. J'ai les boules, avec cette terrible impression que tout me tombe sur la tête et que je n'arriverai pas à être bien physiquement de l'année. J'en parle avec Sylvain, et bien qu'en montée çà aille plutôt bien, je connais le profil de la descente du Péas et c'est mort raide en hors piste, autant dire que si c'est une élongation comme je le pense, je vais d'une part morfler, d'autre part aggraver le truc comme pas permis. Mon choix est fait, j'arrête. Le mental c'est bien mais il faut aussi savoir s'écouter. Et bien m'en a pris car le proba blanc est dans moins de 10j et il s'avère que mon élongation n'est en fait qu'une tendinite du TFL, tendon de la même chaîne que la... cheville. Ce genre de trauma est courant dans le cas d'une compensation et/ou d'un manque d'hydratation, et d'après le kiné, j'ai vachement dû compenser. Du froid, beaucoup d'hydratation, quelques étirements et tout rentrera dans l'ordre vite fait.
J3 - c'est pas la même au départ, la Guardiole de l'Alp en mode humiiiiiide
J3 - c'est vert par ici... dans les bois au dessus de Molines-en-Queyras
J3 - non non, on est pas en pays tropical mais sur les flanc de la Guardiole de l'Alp
J'ai laissé le groupe, à regrets, filer vers le Péas puis la bergerie de Souliers tandis que je rejoins les Fonts. Un gros merci au gardien du refuge qui m'a accueilli et m'aurait déposé à Briançon le soir, mais j'ai trouvé des gens tout aussi sympa qui m'ont descendu à Cervières entre-temps. Je suis ensuite pris en stop à Cervières par un anglais non moins sympathique qui est en train de faire les cols du Tour de France en vélo. Il me dépose à Bri. De là, je vais un peu galérer car il pleut, et je marcherai jusqu'après le centre commercial Casino. Ne voulant pas tirer de trop, je pose le sac et j'attends. Entre-temps il en est passé des voitures... nada, jusqu'au moment ou je décide de manger un bout et un couple en camping-car s'arrête. On tape la discute et Grenoble est vite là, il me déposeront à deux pas de la voiture à Seyssins, un gros merci à eux.
J3 -
traversée du torrent de Peynin en furie
J3 - enfin on retrouve le soleil, montée aux Bertins
J3 - la cabane des Bertins, merci le soleil
Et là, soulagement et nostalgie. Je suis arrivé à bon port, je ne dormirai pas dehors ce soir mais dans mon lit. Toutefois c'est un peu abrupt comme journée et je suis quelque part encore dans le Queyras dans ma tête. Beau pays, que j'adore pour être allé y trainer mes chaussons et mes skis quelques paires de fois dans le passé. Toujours de bons souvenirs, et celui-ci, bien qu'un peu triste sur la fin, ne dérogera pas à la règle. Ce fut un beau raid, mais quand même : Queyras, ta race !! ;-)
J4 - la montée au Malrif, la tempête arrive
J4 - descente sur les Fonts de Cervières, ma route s'arrêtera là...
J1 : les Ayes - col des Ayes - col du Lauzon - col de Combe Laboye - col de Furfande - refuge de Furfande
19km / 1700m D+ / 1200m D-
J2 : refuge de Furfande - pont de Bramousse - col de Bramousse - crête des Chambrette - col Fromage - Pointe de Rasis - col des Prés de Fromage - clot Henri
25km / 1900m D+ / 2100m D-
J3 : clot Henri - Molines en Queyras - (la Gardiole de l'Alpe - col de la Lauze) - Prats Hauts - Abriès - les Bertins
25km / 1000m D+ / 1000m D- (24km / 2000m D+ / 2000m D-)
J4 : les Bertins - col de Malrif - les Fonts de Cervières (col Péas - bergerie de Souliers)
11km (18km) / 800m D+ (1300m D+) / 800m D- (1300m D-)
(J5 : bergerie de Souliers - Brunissard - col des Ayes - les Ayes)
(15km / 1200m D+ / 1500m D-)