Tête des Fétoules : arête Ouest

Publié le par manu


Tête des Fétoules : arête Ouest (Ecrins)
16 juillet 2008



Il fait un temps mitigé en ce milieu de mois de juillet, et après avoir bien ressassé mes bases via le stage initiateur à la Bérarde j'ai une furieuse envie d'aller faire des courses sympa et un peu plus dures. Personne de dispo pour le 15-16 alors qu'il est prévu un super temps, alors je passe un post sur C2C le 14 vers 19h en revenant d'une session sauna-hammam à Vaujany, j'y crois pas trop mais qui sait...
Je vais ensuite au feu d'artifice à la Bastille et vers 21h30 je reçois un coup de fil de Seb B. Il m'annonce qu'il souhaite aller aux Fétoules faire l'arête Ouest, rien que çà. M'étant déjà fait "avoir" je lui indique clairement qu'on ne se connaît pas et que la course est dure, je n'ai d'ailleurs mis que AD max dans le post pour garder un peu de marge, patin couffin. Mais il m'annonce qu'il prépare l'aspi et qu'il ne lui reste que 5 courses à faire et donc çà devrait le faire car sinon il ne m'aurait pas contacté, blablabla. Effectivement ça change tout et on prend rdv pour le lendemain 15h au Bourg d'Oisans, et je peux mater le feu d'artifice tranquillou et apaisé de remplir une case "beau temps" de mon emploi du temps.
 

la Tête des Fétoules depuis Champhorent avec sa belle arête Ouest, beau programme
 
 
Seb vient de Vinon-sur-Verdon, à côté de Manosque, et le courant passe bien. On monte tranquillou au refuge de la Lavey, où l'accueil est toujours aussi sympa : on a droit à l'apéro avec du hummous maison, la classe. On croise là-bas une cordée de CRS à l'entraînement, Lionel et ?, et ils envisagent la même course que nous demain. Bruno, le gardien du refuge et accessoirement guide à ses heures perdues nous fait un check-up rapide et efficace pour la course de demain et c'est l'heure du repas. A la Lavey on est rarement déçu de la bouffe, aujourd'hui on a droit à la traditionnelle soupe puis à du poisson aux émincés de légumes sauce lait de coco, un régal, le tout accompagné de riz et de quinoa, puis un fondant au chocolat avec sa petite feuille de menthe au déssert. Quatre étoile pour un refuge, surtout qu'on en aura tellement qu'on ne finira pas tout... Seb se propose de donner un coup de main à la plonge et les gardiennes donnent des torchons à Seb Lionel et ?, quant à moi je m'occupe du rangement de la vaisselle. Tour est rapidement plié et on a droit à une petite spécialité de Bruno, des bocaux de gnôles dans lesquels trempent des bouts de sucres, dégustation euphorisante avant d'aller se coucher. On apprend qu'il y a une autre cordée qui bivouaque au niveau du lac des Fétoules et qui doit aussi faire la même course. Apparemment ils sont partis super-light et n'ont pas pris ni crampons ni piolets, les touristes ! Bruno leur en a refilé, peut-être les croisera-t-on demain...
 

lever de soleil sur les Arias, le Bec du Canard et Lauranoure, l'Olan se cache à gauche
 
 
Réveil 3h30 départ vers 4h15 il fait 11°C à 1800m, on va pas avoir froid... En deux heure on est à l'attaque, on s'équipe et on part devant les CRS mais derrière la cordée "light", dont le deuxième larron part rejoindre son leader au premier relais. Seb attaque à 6h30 en chaussons, je le suis en grosses et au premier relais je reconnais le leader de la première cordée, il s'agit de Charles, qui pour l'occasion dépucèle sa joker ! On ne se quitteras plus, ou presque, jusqu'au sommet. Seb poursuit avec le dièdre, j'apprehende un poil mais finalement çà passe bien en grosses et je suis même persuadé que çà passait bien en tête.
 
















les CRS abordent la fissure en IV+ tandis que Seb enquille le début du dièdre en 5b, çà grimpe
 
 

















la Pointe Raymond Barbier depuis la Pointe du Faune, c'est tout droit, puis sur la rampe grise en oblique à gauche et via le fil, et tout en corde tendue


                                                                                 










La suite se fera à corde tendue réversible, par des variantes plus aériennes notamment à la Pointe du Faune par le fil et aussi à la Pointe Raymond Barbier. Après le carquois, seul endroit ou le rocher est moins bon, on préfère rejoindre le fil plutôt que de suivre Charles dans un couloir péteux où les pierres se baladent et c'est même plus joli. Arrivée au sommet à 11h, grand beau, pas fatigués, on va manger là. Le panorama est grandiose et la vue porte sur bien des objectifs futurs. Après une demi-heure de pause au sommet on se décide à repartir. Les CRS ne sont toujours pas là, ah la reprise... Je me débruyerai pour récupérer leurs adresses mail plus tard pour leur refiler les photos : des CRS perchés sur des gendarmes, c'est pas banal !
















Seb et Charles au pied du deuxième rappel au niveau des Ciseaux attention y'a moyen de coincer sa corde ici...


































                                            la fameuse cordée de secouriste


















Seb tranquillou à l'assurage de la dernière partie puis un peu plus loin en corde tendue tout près du sommet

 
 
La première partie de la descente se déroule sur une arête en neige, puis sur un glacier ou parfois mieux vaut ne pas se la coller puis dans des infames blocailles. Quand enfin on rejoint une sente au bout de 1200m de descente, Seb enquille comme un furieux, si bien que j'ai les pieds qui commencent à chauffer. J'encaisse et me prépare à la redoutable remontée au parking. Seb lâche un peu les chevaux et je me "venge" bien gentimment en traçant comme un cochon jusqu'en haut. On mettra 2h30 pour faire les 2000m de déniv négatif et les 150m de remontée pour arriver au parking... On est trop cons, on aurait pu prendre une demi-heure de plus et çà l'aurait quand même bien fait mais c'est comme çà et vu que demain c'est repos et bien on en profite pour aller se boire un panaché...
 
l'Aiguille du Plat de la Selle et la Meije depuis les Ciseaux


















et c'est parti pour la descente, quel contraste en deux heures...
 
 
Au final une course rondement bien menée, horaire explosé bien comme il faut partout, pas de casse ni ampoules, des conditions idéales, un apprentissage en douceur de la pose de coinceur et de la progression corde tendue, un compagnon de cordée bien cool. Que de satisfactions, même si je sais que toutes mes courses ne seront pas toujours aussi tranquilles... Encore merci à toi Seb, ce fut un plaisir et c'est quand tu veux qu'on s'en r'fait une !


arête Ouest (3458m)
mixte
III/D (5b max)
1810m dont 550m pour les difficultés
B0
 

panoramique du sommet des Fétoules, ça va il faisait beau...
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Publié dans Alpinisme

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