Les Bans : pilier Nord-Est

Publié le par manu


Les Bans : pilier Nord-Est et traversée (Ecrins)
23 juillet 2008


La suite
Le réveil n'est pas dur mais je sens que je fais les choses de travers, du coup on part avec dix bonnes minutes de retard sur les secouristes. On les rejoindra sur le glacier, là où il faudra cramponner et on les reverra de loin, voire de très loin : autant la dernière fois on leur avait mis 1h aux CRS, là ils vont nous EX-PLO-SER !
 
















les Bans, gardiens du cirque de la Pilatte, puis zoom sur le pilier Nord-Est
 
 
La remontée est avalée tranquillou, la montée "à donf" de la veille se fait sentir et la journée risque d'être longue alors on prend notre temps et le lever du jour est un spectacle dont je ne me lasse toujours pas.
 






Niko peu après le premier passage de relais, il fait bon et on progresse bien, ça va pas durer... pour la progression rapide of course









On attaque vers 6h et le soleil nous rejoint vite. Ca fait bizarre car hier on était en Sud et on se pelait, et aujourd'hui on est en Nord et on est au soleil, il fait bon... euh, ok Nord-Est mais bon çà surprend quoi ! Les 100 premiers mètres passent super vite en corde tendue puis arrive le fameux premier gendarme raide avec le surplomb. Là je me fourvoit par la droite à cause d'un piton qui traîne et je me retrouve taquet sous le surplomb qui pour le compte n'est pas en IV+ mais plutôt en 8a ou 8b... retour en arrière, recherche d'itinéraire, je crois bien voir par où ça passe mais j'ai pas envie de me remettre taquet de suite donc je laisse Niko filer. C'était bien par là mais on a finalement perdu une bonne heure.
 
sur le fil avec la vue qui calme vers tous les géants du massif
 
 
Arrivé à la brêche, on décide de prendre le fil : c'est superbe, sur de petites réglettes avec une ambiance assez gazeuse et puis y'a des pitons donc çà rassure car c'est pas protégeable et à la fin du fil je contourne le ressaut final par la droite : Je tiens une écaille main gauche, passe les pieds sur des petites réglettes bien sur la droite à tatons (je vois pas), j'avance le buste puis la tête en me tenant du bout des doigts en oppo sur l'écaille à gauche et là BIM ! Je me retrouve plein gaz : 400m de vide sous mon cul ! AMBIANCE ! Je continue un bon mètre et je pose un relais, tout émoustillé et l'estomac encore bien haut dans le ventre. On a beau être sur une arête super éffilée et très en relief, tant qu'on a pas le "cul dans le vide" on ne ressent pas vraiment le gaz. Là si ! Très chouette finalement, mais que de sensations. Niko me rejoint et on arrive à une autre brêche ou il faut poser un rappel. Ce fut très beau mais si on avait remonté le couloir à gauche de l'arête éffilée, on aurait gagné une heure pour arriver au même endroit... pô grave. Tiens, d'ailleurs nos CRS sont déjà en train de prendre pied sur le glacier de la Pilatte. On n'a fait que 200m et eux se sont déjà torché les 400m de montée du pilier plus la traversée du sommet Nord au Sud, puis la redescente : des bombes ! La course est donnée pour 11 à 12h refuge-refuge, il mettrons 8h...
 

dans la traversée du sommet Nord au sommet Sud, y'a d'l'ambiance
 
 





                        











Niko fait le zouave au sommet d'un gendarme au début de la traversée
 
  
On va ensuite galérer encore un peu pour les 100 prochains mètres. J'ai un petit coup de moins bien après le rappel, j'ai oublié de m'alimenter : je laisserai Niko faire les deux prochaines longueurs le temps de me refaire la cerise et les 100 derniers mètres sont vites torchés. Résultat des comptes, on est au sommet à 13h, on a mis 7h au lieu des 5 à 6h du topo, pas si mal avec la fatigue et les erreurs de parcours. Petite pause pruneaux au sommet : vous avez remarqué cette année il y a des pruneaux gratuits dans les refuges, ben on s'est pas privés...! et on redécolle vingt minutes plus tard pour la traversée du sommet Nord vers le sommet Sud. On tiendra l'horaire, soit 1h. Par contre on perdra un peu de temps dans la descente de la voie normale : foutus rappels, et on fera la course avec le soleil sur le bas de l'arête, qu'on finira par perdre... Une fois sur le glacier, on a pris notre temps et on arrive finalement au refuge les derniers vers 18h15, après 14h30 d'effort, et la journée n'est pas finie...
 
















Niko en finit avec le passage de la rimaye, le pilier vu de dessous n'a pas l'air bien raide...

 
On mange et on file tranquillou pour la descente. C'est chouette, y'a dégun et on peut mater les chamois ainsi que les rayons de soleil rasants qui colorent les hauts sommets d'une teinte toujours plus chaude. L'embrasement se termine vers le Carrelet et c'est vrai qu'à partir de là, çà commence à devenir long. On arrivera juste à la tombée de la nuit. Et là surprise, il y a de la musique à la Bérarde : un mini concert organisé en je ne sais quel honneur. On en profite pour boire un canon au troquet du coin et on file sur Gre pour se coucher. Il est 1h du mat' quand je tire la couette et j'ai cassé l'oreiller jusque tard le lendemain matin...
  le profil du pilier, attention ne pas se fier aux apparences çà grimpe...
 
 
sur le glacier de la Pilatte, l'Ailefroide se fait arrogante... faudra aller lui rendre visite un de ces 4 !
 
 
pilier Nord-Est et traversée (3669m)
mixte
III/D (4c max)
1300m dont 400m pour les difficultés
B0

 
Niko au sommet du sommet Nord des Bans, avec la vue "qui va bien"
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Publié dans Alpinisme

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G
QUOTE: "C'est chouette, y'a dégun et on peut mater les chamois ainsi que les rayons de soleil rasants qui colorent les hauts sommets d'une teinte toujours plus chaude."<br /> <br /> Tu passes du familier au marseillais en finissant sur une note lyrique... J'ADORE!!!!<br /> Sinon, ca avait l'air sympa comme sortie. En tout cas c'est tres joli!
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N
ben faudra que tu nous donnes des infos, c'est un objectif ca! Perso, j'adore ce sommet.
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