Mont Turia : par le col des Roches
Mont Turia : par le col des Roches (Vanoise)
27 juillet 2008
A peine rentré de mon périple à la Bérarde avec Niko, je reprends le travail et ne consulte mes mails que vers 22h30 le jeudi soir. Il y en a un de Tristan qui m’invite à un barbeuk
d’anniversaire, le sien, jeudi soir à partir de 18h30. Ca se déroule au Pont de Vence, à côté d’un joli site de grimpe Chartreux. Bon, le temps d’arriver çà va être presque 23h, qu’est-ce que je
fais ? Je l’appelle : ça sonne mais je tombe sur le répondeur, je laisse un message sans trop y croire et juste après avoir raccroché je percute que s’il ne répond pas à cette heure là,
il y a de grandes chances qu’il soit en train de faire cuire des guez’. Je fonce, avec les amortos tout neufs çà aide, et c’est dans le noir que je les rejoins. La soirée est finalement courte
pour moi et vu qu’une bonne partie de la troupe doit se retrouver ce week-end sur Ailefroide, on prend rdv et je rentre à la maison avec un joli dimanche-lundi en perspective : la pointe des
Cinéastes.


depuis le Grand Col, le sommet est en vue tandis que Vince est en plein effort : impressionnant non ?
Oui mais, ça ne se fera pas pour des raisons techniques de cordées donc plan B. Niko m’avait proposé d’aller visiter Granitude : pô possible car il accompagne sa miss en alpi, mais on prend
date pour la suite de la semaine. Plan C comme C2C : rien, donc vu que c’est mort pour un truc qui envoie, je me décide à contacter Vince car je lui ai promis de faire un truc cet été
avec lui. Il est dispo : banco, je rentre du taff samedi soir et je file sur Albé avec matos et topos. On se décidera sur le Mont Turia, même si j’aurais voulu lui faire faire une course un
poil plus complète avec un peu de rocher… Celle qui me plaisait bien, la Dent Sud d’Ambin est un peu trop compliquée en grimpe pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’escalade (4b) et puis comme
c’est une sortie que je souhaite faire à l’avenir, autant la garder sous le coude pour l’occasion.
le Lac Marlou et le Beaufortain au
loin
dans la montée au col des Roches, une des (trop) nombreuses pauses du Vince...
La météo, qui annonçait du grand beau au bulletin de 17h, nous annonce à celui de 21h que finalement il fera beau le matin mais avec des averses à partir de 14h, en clair faut partir tôt.
Coucher 23h, lever 3h : çà ne me fait pas plus de 4h de sommeil exact, je vais encore passer la journée la tête dans les vappes, j’ai des rendez-vous importants, des interviews… spéciale dédicace pour les connaisseurs de plus de 37°C. Bref çà fait mal, surtout que je n’ai pas beaucoup dormi depuis la Bérarde.


le couloir, bien enneigé de la nuit, et Vince qui se régale, dessous c'est en glace :-((
On monte aux Arcs 2000, j’ai une petite pensée pour notre bivouac du mois de mai et on décolle à 5h10. En deux heures on est à
la cabane du Grand Col, je suis content et j’avise Vince qu’on pourra peut-être aller au sommet du Pourri, mais visiblement nous sommes allés un peu trop vite et Vincent me coule une bielle dans
la montée au Col des Roches. On mettra 2h soit le double du temps normal, il faudra mieux gérer la prochaine fois mais c'est pas si mal. Il se fait tard, les nuages arrivent alors c’est mort pour
le Pourri mais il reste deux options : le Dôme du Saint-Esprit, à deux pas sur la droite, ou le Mont Turia, à quatre sur la gauche. Vu que l’ami Vincent a repris des forces, il opte pour le
Turia et je l’emmène fissa avant qu’il ne change d’avis… la remontée est pénible car la neige fraîche tombée pendant la nuit est sans cohésion sur la sous-couche pourrie, mais pas sous nos
crampons. Le Vince commence à vouloir se débiner : « mais c’est bon, il est juste là, c’est comme si on l’avait fait ! » que nenni, je ne résiste pas à la tentation de prendre
le couloir qui mène sur le versant Nord du Turia, en plus çà fera un chouette exercice à Vincent car c’est à 45° avec plein de neige… sauf qu’elle tient pas et qu’en dessous c’est de la
glace.
Vince qui sort du couloir par les rochers, on
voit le col des Roches en contrebas
A la moitié de la soixantaine de mètre du couloir j’envisage une sortie par les rochers, un peu scabreuse mais plus simple car le haut du couloir ressemble à une goulotte et je n’ai pas envie de
faire peur au jeunot. On finit par sortir assez vite par les rochers mais le Turia se couvre donc je signe le but. Vince l’aurait déjà signé douze fois sans ma sagacité. J’assure mon second pour
la descente qui passe plutôt bien, mais on va pas trop traîner car les chutes de pierres sont nombreuses et impressionnantes.

voilà on arrêtera là, tout près du sommet, vous remarquerez la sobriété des expressions de Vincent devant notre décheance alpinistique du jour ;-)
On se retrouve à la cabane du Grand Col pour manger un bout. Vince me fait presque mourir de rire avec son plat de riz nature coupé au thon au naturel dans lequel il a oublié la sauce, j’espère
qu’il reste de la flotte… il y a un groupe de six personnes dont deux militaires de Bourg-St-Maurice et une nana super cool, pas forcément beaucoup plus bonne que la plus bonne de tes
copines mais là n'est pas le sujet, bref elle me refile un peu d’huile d’olive et luxe extrême, des herbes du jardin : la classe, merci encore.


la redescente au col des Roches par nos jolies traces de montée et le couloir ravagé par nos soins vu d'en bas
La suite de la descente est longue pour Vincent, qui ne cesse de me raconter que c’est un truc extrême qu’on vient de faire, mais c’est finalement moi qui ferme les yeux en premier dans sa
benz benz benz : normal c’est pas moi qui conduit et ça m’aurait pas mis zoom zoom zen que ce soit l’inverse ;-)
On arrive sur Albé un peu décalqués par la chaleur, 30°C, soit une petite trentaine de plus que tout à l’heure… mais le jus d’ananas-goyave nous redonne des forces et on mate les photos avant que
je ne file pour Grenoble.
Content d’avoir « initié » Vince au couloir en glace, AD tranquillou, et de pouvoir enfin dormir cette nuit.
Mont Turia : par le col des Roches (3650m)
neige-glace, mixte si on va au sommet
II/PD (45°, AD+ au moins si c'est en glace)
1400m
B2
je résiste pas à vous la mettre, mais oui c'est une victoire Vince ! On reviendra, hein ?
PS : ceux qui n'ont pas suivi les jeux de mots en italiques peuvent cliquer ici
PS' : je le charrie bien volontiers l'ami Vince mais en tout bien tout honneur, d'ailleurs on a même prévu de s'en refaire une au cours de laquelle il m'a confié texto : "promis la prochaine
fois je ne me plains pas !" et puis dans trois ou quatre sorties il aura plus la caisse et on pourra envisager des trucs un peu plus longs même si la difficulté du couloir était loin
d'être négligeable, alors bravo Vince !