Trois Dents du Pelvoux : arête Nord-Est

Publié le par manu


Trois Dents du Pelvoux : arête Nord-Est (Ecrins)
5 août 2008


On s'installe au bivouac assez tôt, du coup on décide de se faire un petit thé puis de faire fondre de la neige pour le repas, le p'tit déj' et surtout pour les gourdes de demain. Le hic c'est que par souci de lightitude, on n'a pris qu'une petite bonbonne de gaz. On en aura assez pour faire la bouffe du soir et remplir la moitié des gourdes... Le repas est vite avalé et on file au pieu. La technique est la suivante : on installe notre tapis de sol par terre, on complète le tapis qui arrive à ras le cul avec les cordes pour protéger les jambes, puis on enfile la doudoune et un collant sous le pantalon, on se glisse dans le sursac théoriquement avec ses grosses, puis on recouvre le sursac au niveau des pieds avec le sac à dos. Ben on s'est pelés toute la nuit ! Il ne faisait pourtant que 5°C, et bien on a eu froid au bout de vingt minutes. Etant donné qu'on s'est couchés vers 20h30, je vous laisse imaginer comme ce fut long, surtout que saisis par le froid on ne daignera sortir des sursacs qu'en même temps que le soleil, vers 6h30... Et le meilleur dans tout çà c'est qu'on avait pas de quoi se faire chauffer de l'eau, on a bu le thé froid. Du coup j'ai bien mis vingt minutes a me dégourdir les pattes et à me sentir a peu près comme quand je me réveille d'habitude et pour être chaud il faudra qu'on décolle en direction de la voie, heureusement juste à côté et surtout qui commence par de l'escalade suffisamment tranquille pour nos articulations endolories.
 
 l'objectif du jour, vu depuis la descente
 
  le soleil est déjà là et nous sommes toujours en bas...
 
 
Après une bonne longueur en corde tendue, je passe devant, puis je croise un relais au pied d'un raide ressaut proche du fil, et tente de monter en oblique à droite. C'est clairement pas du IV et je me mets un peu taquet. Charles m'informe que si c'est trop dur il faut chercher ailleurs, mais je ne vois pas vraiment et il forcera le passage légèrement sur la droite. En fait le vrai passage se situais beaucoup plus à droite mais le relais n'étais vraiment pas bien positionné.
 
















                             dans la voie, yadugaz !




Vins ensuite un passage demandant de la décision, le Labande indiquant "quelques mètres à gauche" : une bonne inspiration de Charles l'emmena bien quelques mètres à gauche, mais après une brèche et sur au moins quarante mètres... Ah la clarté des propos... La longueur suivante fut pour moi : la longueur en V. Une longueur bien raide dans une cheminée où il est difficile de se protéger mais il y a des pitons où il faut donc çà passe nickel, puis on rejoint le fil de la Tour intermédiaire et ça devient superbe. De là je vois les premiers qui descendent du Pelvoux, ils en profitent pour faire une pause au niveau des premiers rappels et ils nous regardent avec un certain intérêt. Parmi eux se trouvent Bastien et Jean-Luc. Ils nous diront le soir avoir été surpris par notre progression plutôt rapide mais par le fait que nous n'en étions qu'au tiers de la voie. Ils ont compris quand on leur a dit l'heure à laquelle on a attaqué la voie, vers 7h30...
 

















les passages de la "Tour" où l'on suit strictement l'arête, et de la "cheminée ouverte" où l'on suit la corde ;-)


  
Cette belle longueur atterie au sommet de la Tour qui se démarque sur le profil de l'arête. On a fait 250m de déniv', il en reste 350m. La traversée de la tour prend un peu de temps, surtout que l'on ne progresse plus vers le haut mais en contournant des gendarmes. Puis vient la fameuse cheminée ouverte dont il faut sortir par la droite lorsqu'elle devient surplombante. C'est la seule partie de l'itinéraire qui est à la fois difficile techniquement, IV+, mais aussi en rocher pas terrible. On en sort donc par la droite puis on rejoint une terrasse au pied du fil et là il faut traverser à gauche sur une pseudo-vire assez large qui mène au pied de cannelures sur rocher fauve. On les remonte jusqu'à une brèche en obliquant vers la droite et on rejoint le fil. La suite est magnifique car en bon rocher assez aérien.
 



 vers la fin çà devient plus facile mais aussi plus aérien, Charles sur un des ressauts sommitaux
 
 
du sommet on voit bien la Pointe Durand, l'autre sommet du Pelvoux, ainsi que le glacier Blanc et les "Magneaux"
 
 
On progresse vite jusqu'au premier ressaut sommital. Il est 15h30 et on en profite pour déjeuner. Nous avons continué à suivre l'arête et sommes passé par tous les gendarmes sommitaux puis nous avons rejoint le glacier à deux pas de la sortie de la veille du Petit Pelvoux, vers 16h20.
 
pendant la descente, l'arête se dévoile petit à petit...
 
 
...avec de beaux séracs qui traînent un peu partout...
 
 
...puis elle se dévoile plus franchement et là ça calme !
 
 
Vu que l'on connaissait la descente, on n'a pas traîné et on a rejoint le bivouac en 1h20, Charles a même trouvé un piolet ! Le reste de la descente a été assez longuet jusqu'aux vires d'Ailefroide et plus délicat dans ces mêmes vires. On a fini par arriver pour l'apéro au camping, surpris de voir que Bubu et Lucio n'étaient pas partis, après tout ils ont eu raison. On a été longuement questionné et l'histoire du bivouac sans duvet a beaucoup fait rire...
à suivre
 
 
arête Nord-Est (3683m)
mixte
III/D (5b max)
600m pour les difficultés
B0

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Publié dans Alpinisme

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