la Barre des Ecrins, enfiiiiin !!!

Publié le par manu

Barre des Ecrins : couloir Coolidge - Dôme de Neige des Ecrins : directe Nord (Ecrins)
11 juin 2013
 
Mon histoire avec la Barre des Ecrins n'a jamais été facile. La première fois que j'ai envisagé la gravir j'y suis arrivé, mais à quel prix : rafales de vents proches de 100 km/h en continu toute la journée, une bavante. Naturellement j'ai eu envie d'y revenir à ski, et çà n'a pas été plus facile, trois tentaitves ont été nécessaires...
 
Flashback :
   - juin 2008 : montée au refuge depuis la Bérarde et coulage de bielle de mon compagnon, çà passait mais on doit rentrer -> fin de la saison
   - juin 2009 : cette fois-ci on part de Villar d'Arène pour un enchainement royal, le mauvais temps en décidera autrement -> fin de la saison 
   - mai 2013 : là on se dit qu'il faut partir du Pré, mais trop de neige donc on fera plutôt le Coup de Sabre
 
Mais comme souvent plus c'est dur et plus on apprécie, lorsqu'on y arrive bien sûr...
 
Après le Sabre, j'avais vraiment envie de revenir car cette Barre ne s'enneige vraiment pas souvent, c'était pas "c'est cette année ou pas" mais presque, alors dès que le créneau s'est présenté on a foncé. Ce n'était pas très malin non plus en pleine révision pour le concours d'instit mais après 3 semaines à me prendre la tête avec l'exam de l'AMM puis le concours, il fallait que je me vide la tête, au pire je dormirais bien le lendemain.
 
Le créneau s'est avéré trompeur, l'iso à 2400 du lundi on y croyait déjà plus avec les 17°C du Pré, pourvu que çà reste dans les nuages sinon c'est croûte assurée, et ce fut croûte... jusqu'à 3600... fait chier. Si vous suivez, çà veut dire Barre Noire en croûte jusque 50m sous la sortie, un crève coeur, mais l'objectif, c'est la Barre, la vraie, alors l'arrivée de la poudre tassée nous donne de l'espoir pour la suite.
 
On rejoint la voie normale de montée et là c'est même grosse poudre, çà brasse, on en chie mais quand c'est comme çà on se dit que çà va être tout bon et on retrouve des forces. Car on a mis un paquet de temps jusqu'ici, des légionnaires qui ont pris la voie normale avec des raquettes en même temps que nous sont au même niveau, on a un vrai rythme de papis avec Toz !! Fin de saison, altitude, manque d'entrainement, tousssaaaaaa !!
 
On oblique vers l'objectif tant convoité tandis que les militaires filent au Dôme, non sans avoir un regard circonspect. Plus de poudre dans la pente redressée au dessus de la rimaye, tout est descendu, on a une poudre tassée très fine, travaillée par le vent et le fond est bien dur. Les cailloux ne sont pas loin mais pour le moment il ne nous préoccupent pas trop. Arrivée sur la crête en mode tendu du slip, les derniers pas pour rejoindre le sommet se font sur une crète éfilée comme mon opinel, mais que c'est beau.
 
Pour le chaussage on peut difficilement faire pire mais on ne traine pas car l'envie d'en découdre est forte. Manque de bol les dix premiers mètres sont bien en poudre, mais 5cm sur caillasse, pas glop, alors méfi et on envoie les premiers virolos dès que c'est plus sain, et là bonheur... de courte durée malgré tout. Je prends une pierre et manque de m'en coller une. C'est jamais sympa dans ce genre de face. Là où je prenais des pierres sans trop me faire chahuter en début de saison comme aux Rochères, je sens que le manque d'explosivité ne me permet plus la même aisance, et il est interdit de chuter alors tant pis pour les belles courbes, on va revenir plus sagement aux virages controlés. La face en elle-même est très courte, 150m tout au plus alors vu que la moitié est faite çà va pas prendre dix ans pour la suite. La libération intervient lorsque je saute par dessus la rimaye pour sortir de ce traquenard non sans m'être pris encore quelques pavasses. Toz me rejoint et là il y a une belle trace qui mène au Dôme et plus personne au sommet, les légionnaires ont mis les voiles.
 
Ne me voyant pas me régaler dans Barre Noire et n'ayant jamais mis les pieds au Dôme, je vends la directe Nord de celui-ci à mon comparse qui me dit banco. Vu la poudreuse au dessus de 3600, y'a moyen qu'on se gave, et on se gavera. Le début est intimidant car on ne sait pas où on va, et en dessous c'est sérac ou précipice. Mais quand on arrive au point d'inflexion et que la pente se révèle ou plutôt plonge, avec le sérac de la taille d'un immeuble sur sa droite et le précipice à gauche, c'est dément. Et la poudre vole, vole, vole. Qu'est ce c'est bon, c'est aussi bon que c'est beau, je ne regrette pas vraiment Barre Noire, enfn si un peu car du pied de la directe il nous suffisait de remonter une cinquantaine de mètres pour enquiller une autre belle ligne...
 
On skiera tout le glacier Blanc en faisant même des virages et l'arrivée au Pré sera une délivrance : la bière nous attends, alors pour une sortie royale - les deux 4000 du coin à ski le même jour - on mérite une bière itou, une Leffe Royale fera l'affaire, et accessoirement nous retournera la tête aussi.
 
Et puis 400m de portage un 11 juin, c'est la classe, on aurait même pu skier jusqu'au pré en empruntant le couloir des Grandes Sagnes mais vu l'heure ce n'était pas vraiment raisonnable. Merci Toz de m'avoir accompagné.
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Barre des Ecrins (4102m)
    couloir Coolidge : 5.2 E3
Dôme de Neige des Ecrins (4015m)
    directe Nord : 4.3 E4
2470m

Publié dans Ski de rando

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